Facebook

Notre boutique

Articles Aléatoires

Archives

Femmes : Maternité : Une mère meurt toutes les six heures !
Posté par recettedumaroc le 08/05/2008 08:30:41 (1634 lectures)
Partager

La mortalité maternelle ne recule pas assez vite au Maroc. La nouvelle ministre de la Santé, Yasmina Baddou, veut agir et réduire de trois-quarts le nombre des décès d’ici 2012. Manque d’équipement et de moyens, difficultés d’accès aux soins pour la moitié de la société, une prévention et un dépistage des maladies à améliorer… voici quelques réalités de la santé reproductive qui se conjuguent à une culture de l’abandon de la “mère” dans les foyers traditionalistes indigents.


Le chiffre est alarmant. Il avoisine, selon une estimation officielle et très approximative, les 1.400 trépas par an. Et l’on pourrait croire que les villes et les régions désenclavées sont épargnées. Pourtant, la mortalité intra hospitalière, selon les provinces, représente entre 40 et 90% des cas. Pourquoi la maternité marocaine tue-t-elle autant ? Notamment lorsque la morbidité maternelle a constitué, depuis le programme “Maternité sans risque” lancé en 1992, l’une des priorités du ministère de la Santé : développement des ressources humaines, élargissement des prestations sanitaires ayant trait à la mère et à la planification familiale, amélioration des infrastructures de base, implication du secteur privé en matière de santé maternelle… Des mesures inefficaces pour le moment qui ont montré leurs limites. La maternité et la grossesse restent toujours perçues comme un service qui n’est pas tout à fait médical. On “fait” les enfants à la maison, entre femmes, ou en sollicitant l’aide d’une accoucheuse locale qui sévit en cas de complications. A cela, il faut ajouter les barrières de l’accès aux soins concernant près de la moitié du pays, terrible no man’s land pour les douars de l’arrière-pays qui n’ont parfois jamais vu un médecin de leur vie ! Un constat qui fait froid dans le dos lorsque l’on sait que 30% des grossesses au Maroc connaissent des complications et des évolutions difficiles, parfois un mois après l’accouchement.

De quoi meurent les mères ?
Les causes directes sont connues : hémorragies, infections, hypertension artérielle et éclampsie, fistule obstétricale, complications de l’avortement et embolies. La plupart sont évitables ! Le risque zéro n’existe pas, mais des formes pathologiques banales de la maternité deviennent ici meurtrières. Les femmes tombent enceintes mais ne savent pas qu’elles ont le diabète, de l’hypertension, qu’elles sont cardiaques etc. Quand la grossesse se déroule sans suivi médical, les risques sont bien là. L’accouchement est considéré comme un acte normal et naturel qui ne va pas demander des soins ! Dans un tiers des cas de mortalité, les femmes développent une pathologie prénatale qu’elles n’arrivent pas à dépister avant l’accouchement. Or, un simple suivi aurait permis de les sauver. L’absence de garde-fou que sont les consultations fait chavirer la maternité marocaine dans le drame. Le gros lot de la mortalité provient de l’hémorragie qui s’ensuit des complications. Même dans les villes, les femmes arrivent en urgence dans les hôpitaux au dernier moment, quand elles commencent à saigner et sans avoir jamais été suivies. Il est souvent trop tard. Un autre tiers des décès a lieu après l’accouchement, parfois deux mois plus tard. Il est dû à des problèmes d’hygiène et d’infections qui deviennent mortels s’ils venaient à ne pas être soignés. Agir immédiatement, dans ces cas-là, par le biais d’une consultation et d’un suivi médical, permettrait à la majorité de ces victimes de rester en vie pour ses enfants. Enfin, le dernier tiers des causes de la mortalité des mères est considéré comme “inévitable”. Il représente des cas universels et naturels de décès féminins que les objectifs de Yasmina Baddou espèrent ramener à leur seuil acceptable de 50 trépas sur 100.000 naissances, le Maroc étant actuellement à 227. Les objectifs de la Ministre ont-ils une chance d'être atteints ?

L’âne-bulance et des maternités sans médecin
Pour 43% de la population marocaine, il faut parcourir plus de 6 km pour accéder à un Centre de soins de base. Il faut aussi se demander pourquoi les femmes ne viennent pas vers les structures d’accueil avant, pendant et après l’accouchement ? Malgré les efforts accomplis par l’Etat, le libre accès à la santé de toutes n’est pas garanti. La pauvreté sociale est une barrière à l’accès aux soins, certes ; mais l’enclavement rend difficile l’acceptation du suivi médical par les femmes isolées de toute structure sanitaire. En cas de complication, c’est la mort assurée. Le transport, dans ces zones oubliées, est souvent inexistant et c’est l’âne-bulance qui vient à la rescousse. D’où la co-responsabilité de l’Etat qui doit veiller et garantir des structures d’accès aux maternités pour tous. Les familles ne connaissent pas les tarifs et les modalités administratives de l’accouchement et s’en remettent, par manque de communication, par pauvreté, par peur du monde citadin, à leurs us et coutumes d’antan. A ces problèmes de routes et de communication entre les centres de santé régionaux et les familles, il faut ajouter une zizanie certaine dans la bonne gouvernance des structures d’accueil sur le territoire. Le Maroc est situé par l’OMS parmi les 57 pays qui connaissent une pénurie aigue en personnel de santé. En même temps, nous avons des centres complets en moyens techniques et humains et qui ne pratiquent qu’un seul accouchement par an ! D’autres centres médicaux sont tout équipés dernier cri et sont… fermés à l’heure actuelle par manque de personnel et d’embauche. Certaines maternités sont ouvertes au public mais leurs personnels n’ont pas les moyens pour travailler. Pis, il y a des centres de maternité ouverts sans médecins et sans sages-femmes… En un mot, c’est le désordre rue d’Hippocrate !

La couverture médicale pour toutes les mères
La mortalité maternelle doit être régulée à travers une couverture médicale sociale plus entreprenante. C’est dans ce cadre-là que compte agir le plan en gestation au ministère de la Santé. La prise en charge de la grossesse et de l’accouchement, par l’AMO, depuis deux ans, ne suffit pas puisqu’elle ne concerne que les individus intégrés économiquement. La maternité des pauvres est laissée pour compte par la santé publique. La couverture médicale RAMED (couverture dite des “pauvres” et des métiers informels) qui doit prochainement être mise en place par l’Etat marocain, va-t-elle s’acheminer vers une obligation d’un suivi des maternités ? La prise en charge plus générale des populations à risques stopperait le fléau. Le suivi des mères doit être incité et organisé dans le cadre d’une politique de surveillance des grossesses. Car la femme enceinte doit obligatoirement être suivie, vu le taux de complication potentiel qui l’entoure et qui forme la poche des accidents mortels évitables au Maroc. Cela doit être une incitation pour le suivi et l’accouchement avec une gratification à l’arrivée, via des allocations. Comme dans les autres pays qui ont finalement vu chuter leurs mortalités maternelles grâce à une politique participative et compensative. Ce suivi, dès les premiers jours, permet de déclarer les grossesses, de “valider” les consultations prénatales (4 au minimum) et de rendre obligatoires les contrôles postnataux. Avec nos 227 décès sur 100.000 naissances, on est tristement en queue de peloton : Algérie 180 décès, Tunisie 100 décès, Jordanie 62 décès sur 100.000 naissances. En Grande-Bretagne, ce taux de décès est de 5 femmes ! La mortalité maternelle est dans une large mesure le reflet des injustices faites aux femmes dans notre pays : analphabétisme, ignorance de la santé reproductive, non accès aux soins. La lutte contre la mortalité maternelle est un choix de justice sociale

 

source:femmedumaroc.com

Note: 0.00 (0 votes) - Noter cet article -
Partager


Autres articles
31/12/2011 08:26:01 - Brioches
31/12/2011 08:07:38 - Macaron
28/12/2011 15:44:42 - Dorade farcie aux crevettes
28/12/2011 15:36:05 - Daurade au four
28/12/2011 15:33:46 - Dorade royale farcie à la chermoula
27/12/2011 21:28:31 - Tajine de viande hachée aux patates et petits pois
16/11/2011 08:23:03 - Cari de dindon
14/11/2011 21:33:41 - CONFITURE DE PASTEQUE
14/11/2011 21:12:38 - Blighattes (babouches)
11/10/2011 21:10:17 - Brioche

Recherche

>

Nos Themes

Ecoutez Nos Radio

<a href=''>play pas choisie</a>
ouvrir dans une fenetre separer

permis onligne maroc

Connexion

Recettes choumicha video

Top Articles